VASNIER, Louis-François. (1802-1861) : Petit dictionnaire du patois normand en usage dans l'arrondissement de Pont-Audemer.- Rouen : A. Lebrument, 1862.- IV-72 p. ; 22,5 cm.
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PETIT DICTIONNAIRE
DU
PATOIS NORMAND EN USAGE
DANS L'ARRONDISSEMENT DE PONT-AUDEMER.

Par L.-F. VASNIER.


N - Z

N

NE N'TOUT, ad v.; non plus. - Je n'irai pas ne n'tout. NEUTÉ, NOTU, NOUTU, adj. ; noueux, qui a des noeuds. (ou des nouds, comme on dit vernaculairement.) - voici une devinade populaire dans laquelle figure cet adjectif: « Sagan faisait des fagots nouyus, sa femme faisait des balais feuillus : écririez-vous bien cela en quatre lettres ? »
NIANT, adj.; apathique, propre à rien, paresseux. - Il est aussi actif que sa femme est niante.
NIF, adj.; clair, limpide.
NIGDOUILLE, s. m.; niais, sot. - C'est un grand nigdouille.
NIGONNER, v. n.; tâtillonner.
NIQUER, v. a. ; moucher. - Niquez vot'effant. - Il s'est niqué avec ses daigts.
NOUGER, s. m. ; noyer.
NOUROLLE ou NOROLLE, s. f. ; brioche.
NUILE, s. f. ; nielle (la carie des blés).
NUILÉ, adj. ; attaqué par la nuile.

O
  
OHIN, s. m ; défaut, entrave, embarras. - Il a tous l's ohins. - Il y trouvera de l'ohin.
ORGERIE, s. f. ; champ ensemencé d'orge.
OYOU, adv. de lieu ; où. - Oyoù qu'il est ?

P

PAGÉE, a. f. ; fragment, morceau, parcelle. - Il s'est écroulé une pagée de muraille, une pagée de terre.
PAINTER, ou PAITER, v. n. ; mesurer les distances pour savoir qui s'est le plus approché du but.
PAIRER, v. a.; égaliser, dresser, niveler.
PAIROTTER (se), v, pron. ; soigner sa toilette, se tirer à quatre épingles.
PALER, v. a.; imprimer une salissure, au contact d'un poêle, d'une marmite. - Elle a pâlé sa robe ; - il s'est pâlé le visage.
PALETTE, s. f. ; pelle de cheminée.
PALIER, s. m. ; dressoir, étagère pour la vaisselle.
PALURE, s. f. ; salissure superficielle.
PANNEAU, s. m.; sorte de selle longue composée de deux coussinets réunis, avec ou sans dossier.
PANNÉE, s. f. ; pan d'habit, de redingote.
PANTALON, S. M. ; violette sans odeur (viola carvina) .
PARAVIRÉ, s. f. ; soufflet, coup du plat ou du revers de la main.
PARÉ, part. ; exempté du service militaire, - hors du danger de mort, - devenu limpide après le travail de la fermentation.
PARÉS, s. f. ; muraille, paroi.
PAR-EN-SON, adv. et prép. ; par dessus, au-delà. - Il a sauté par-en-son le mur. - « Pus de chent lieues par-en-sont la Bouille. » (Coup d'oeil purin.) On trouve par-en-son dans le roman du Mont-St-Michel, ainsi que la simple préposition en-son (sur): « En son le Mont demain iras. »
PARPAILLB (à la), adv. ; à l'aventure, au hasard.
PECQ, s. m. ; endroit convenu où l'on se place pour jouer aux quilles, au bouchon, etc.
PECQUER (se), v. pron. ; se placer au pecq. - Au figuré : se dresser, se tenir guindé, faire l'important. - « Tu te péquois si bien avec ta hallebarde. » (Muse normande.)
PÊQUE, s. f. ; toute chose sale et délabrée. - Au figuré : une femme malpropre. - Pêque doit être un objet pêqué, c.-à.-d. pêché, retiré de l'eau.
PERCHE, s. f. ; mesure agraire, subdivision de l'acre.
PESOU, s. m. ; paysan lourdaud et grossier. - On dit aussi pétras, dans le même sens.
PICANE, s. f. ; Portion de lande, de bruyère, de terre inculte.
PICOT, s. m. ; le mâle de la poule d'Inde.
PIÈCHE, PIÈCE, A PIÈCE, s. f., qui, avec une négation, équivaut à aucun, accompagné aussi d'une négation. - Il n'en reste plus pièce ; nous n'irons à pièche.
PIERROT, s. m. ; grand bonnet à ailes des villageoises. PIGNETTE, s. f. ; cheville, que l'on fait avec un morceau de branche d'arbre.
PIGNOTEB, v. n. ; manger comme quelqu'un qui n'a pas d'appétit, par petits morceaux et en faisant son choix.
PIHOU, s. f. ; femme de mauvaise vie.
PILE, s. f. - On dit dans le même sens : brossée, raclée, rossée, tournée.
PINELLES, s. f. p. ; brayes, culottes. - Elle ferait mieux de racc'moder les vieilles pinelles de s'n homme.
PIOTTE, s. f. ; poule d'Inde. - C'est une onomatopée inspirée par le cri de ce volatile.
PIPE, s. f. ; petit fût à cidre. - « Une demi-pipe de vin clairet d'Orléans... ; une demi-pipe de vin de Beaune. » (Archiv. de Pont-Aud., XVIe siècle.)
PIPET, s. m. ; chalumeau de paille avec lequel on aspire un liquide, - et voix criarde. Elle nous étourdit avec son pipet.
PIROUE, s. f. ; toupie, jouet de bois que l'on fait pirouetter sur lui-même.
PIVAT, s. m ; boue délayée par les pas de la foule.  - J'sommes restés une heure les pieds dans l'pivat.
PLAUDE ou BLAUDE, s. f. ; blouse, souquenille. PLAUDER, v. a. et v. n.; battre le sol pour faire une aire. - Marcher lourdement.
PLEIGER, v. a. ; soutenir, protéger.
PLEU-PLEU, s. m. ; pivert. - Onomatopée basée sur le chant de cet oiseau.
PLION, s. m. ; baguette flexible, la partie extrême d'une ligne de pêcheur.
PLOMMÉE, s. f. ; romaine, instrument à peser qui vient des Romains. - Ce mot signifie également pesée, pression : j'ai fait une plommée et la porte a cédé. - Plommée vient de plomb. L'extrémité de la plommée était généralement garnie d'une boule de ce métal.
PLUCOTTER, v. n., qui exprime le travail des oiseaux de basse-cour cherchant leur nourriture sur le sol. PLUQUETTES, s. f. pl. ; toutes sortes d'épluchures, petits morceaux qui se détachent du bois quand on le casse. POGNAFLER, v. a. ; manier, palper, tâter.
POGNE, s. f. ; main, poignet. - Il a une bonne pogne (il serre-bien).
PONNELÉ, s. f. ; fiente de la poule.
PONNELER, v. n. ; mettre bas. - Se dit d'une jument. - Ne devrait-on pas dire plutôt : pollener, de pullus, poulain ?
PONNER, v. a. et v. n. ; pondre. - Notre poule va ponner. A la terminaison du participe passé (ponnu), il semblerait que ce verbe dût être en ir.
PONNEUSE, s. f. ; pondeuse.
POST, s. m.; poteau, pied-droit de porte. - « L'animal fut pendu à un des posts de la justice du Vaudreuil. » (Pièce du XVe siècle.)
POT, s. m . ; mesure qui équivaut à deux litres environ.
POTE, s. f. ; pot de terre garni d'une anse qui se développe au-dessus de son ouverture.
POTIN, s. m.; cancan. - On en a fait le verbe potiner et le substantif potinier.
POUQUE, ou POUCHE, s, f. ; sac, cousu par le bas et les côtés et n'ayant que le haut ouvert. « Pour deux pouches de querbon. » (Compte de l'hôpital de Bayeux, 1466). - Au figuré le mot pouque est employé pour désigner une femme de mauvaise vie.
POUQUETTE, s. f. ; poche, gousset.
PRAS, s. f. ; femme de mauvaise vie.
PRÉ, s. m. ; poiré. - « L'aide de l'estape à prendre sur le vin, le sildre et le peray. » (Archives de Pont-Audemer, 1485.)
PREMIER QUE..., pour avant que. - Premier que Paul épouse Marie, il passera de l'eau sous le pont.
PRINSSEU, s. m.; pressoir.
PROMENOLLE, s, f.; primevère ces bois.
PUCHER, v. a.; puiser.
PUCHEUX et PUCHOIR, s. m.; ustensile pour puiser.

Q

QUAIRE, s.f. ; chaise.
QUAIRER (se), v. pron. ; s'asseoir.
QUALITEUX, adj.; qui a des qualités.
QUÊCHER, v. n.; gronder, quereller. - On l'entend toujours quêcher.
QUÉMAND, adj.; mendiant.
QUÉMANDIER, v. n. ; mendier. - Est-ce bien là l'orthographe de ces deux mots ? Dans sa deuxième satire, Regnier a dit : « Puisque pauvre et quaymande on voit la poésie... »
QUÉRIR, v. a.; chercher. - « Les terres iront quérant. » (Rom. de Rou.)
QUERMEINE ou QUERMINE, s. f.; mauvaise viande, chair corrompue. - On l'emploie aussi comme injure : Vos êtes eune quermeine.
QUIACHE, s. f., ou QUIACHIN, s. m. ; scories de fer, de charbon de terre... -la véritable orthographe serait Chiasse.
QUIOLARD, adj .; qui a la quiole.
QUIOLE, s. f. ; diarrhée.
QUIORON, s. m. ; un être chétif, rachitique. - C'est un quioron.
QUEUX, prép.; chez.- Voyez Cheux.

R

RACRAMACHI, adj. ; rabougri, ratatiné, contracté. RACROC, s. m. ; repas d'un lendemain de noces.- « C'est la noce aujourd'hui, c'est demain le racrot. » (Lalleman, la Campênade.)
RAGACHE, adj.; revêche, qui contrarie et contredit sur tout.
RAGUCHER, v. a. ; aiguiser, exciter l'appétit. - Voilà un fricot qui va me ragucher.
RAILER, v. a. ; assortir. - Je vous acheterai des fruits, mais vous les railerez.
RANDON, RANDONNER. - Autre forme des mots Landon, Landonner.
RANTER, ou RENTER ; v. a. - Ranter des bas c'est leur mettre une doublure au talon ; - ranter une pièce de bois, c'est lui ajuster, pour la rallonger, une autre pièce de bois, au moyen d'une entaille et d'un tenon à angles inégaux; c'est aussi refaire, par le tricot, une partie usée de vêtement.
RAPATA, s. m. ; ramoneur de cheminées.
RASIÈRE, s. f. ; mesure équivalant à un demi-hectolitre. RATOURS, s. m. ; détours. - Il y a toujours à craindre des ratours avec lui.
RAYRES, s. f. p.; linges de couleur que l'on retire de la lessive avant les autres.
RÉAGE, s. m.; sillons ou raies tracées sur une pièce de terre.
RÉBETTIN, s. m. ; troglodyte, roitelet, appelé aussi poule du bon dieu.
REBINDER, v. n. ; recommencer une chose.
REBOUQUER, v. n. ; renoncer à, avoir du dégoût. - Il a tant mâqué qu'il rebouque sur le fricot ; - c'est un caleux qui rebouque sur l'ouvrage ; - je le ferai bien rebouquer. - C'est une altération de l'ancien verbe reboucher ; « Le respect d'une si notable vertu reboucha sa colère ; -le fer n'y peut mordre et rebouche contre. »
REBUTER, v. n. ; baisser de prix. - Le blé a rebuté.
RÉCOPI, adj. ; ressemblant. - C'est son portrait tout récopi.
RECRUE, s. f. ; rejeton .
REFORCER, v. a.; exciter, inviter avec instance.- Vous ne mangez pas ; faut-il vous réforcer ?
RELAI, s. m. ; partie d'herbe à paître négligée par les  bestiaux.
REMEUIL, s. m. ; dégel.
REMEUILLEE, v. n. ; dégeler.
REMUCRE, s. m. ; remugle. - Cet appartement sent le remucre. - voir le mot Mucre.
RENARÉ, adj. ; rusé comme un renard, finasseur (que l'on dit Finassier, dans notre contrée).
RENCRUES, s. f. p. ; alluvion, et aussi : herbes qui recroissent après une première coupe.
RENGRULI, adj. ; rabougri.
REPAIRER, v. n. ; rentrer, revenir. -Il est absent ; mais il repairera ce soir. - On retrouve ce verbe dans les vieux écrivains.
RÊQUER, v. a. ; abattre (des fruits) avec un rêquet, et, par extension, donner des coups de bâton.
RÊQUET, s. m.; gaule pour abattre des fruits. - Par analogie : chandelle longue et mince.
RESSOUDRE, v. n. ; sourdre. - L'eau ressourd à cet endroit ; - il s'est ressourt, c.-à.-d. : il s'est relevé (après une chute, une déconfiture, une maladie).    _
REVIF, s. m. ; nouvelle vigueur. - II a pris du revif ; - voilà le revif qui arrive, c'est-à-dire : voilà le temps des fortes marées qui arrive.
REVOINER, v. n. ; reverdir. - Cet arbre revoine. - Voyez Voin.
ROGUE, s. f. ; les oeufs du poisson avant le frai.
ROGUÉ, adj. ; qui a de la rogue. - Du poisson rogué. - Par extension : marqué de petite-vérole. (La rogue d'un poisson est un peu l'image d'un visage Grêlé, comme on dit quelquefois.)
ROMACHER, v. a. et v. n. ; quereller. - Il faut qu'il ait toujours quelqu'un à romacher ; il romache sans cesse. ROUINGER, v. n. ; ruminer, mâcher à vide.
ROUVENTS, s. m. p.; vents qui altèrent les jeunes pousses des arbres. - La lune rousse amènera les rouvents.
RUFLE, adj. ; bien portant, vigoureux.
RUQUER, v. n. ; roupiller, dormir à demi .

S

SAFRERIE, s. f. ; gloutonnerie.
SAPAS, s. m.; sale, malpropre. - Il est fait comme un sapas ; - c' est un sapas.
SAPAUDER (se), v. pron.; se salir.
SAQUER, v. a. ; tirer hors, extraire. - Aindez mai à saquer man blé d'la pouque. - L'usage de ce mot est ancien.
SEIGLERIE, s. f. ; terre ensemencée en seigle.
SEIZAIN, s. m. ; mesure pour les grains équivalant à dix litres.
SÉPARTAGER, v. a.; partager, séparer.
SOMMES, s. f. ; mesure de deux hectolitres pour les grains.- On appelle panier à somme un grand panier à deux anses qui sert principalement à porter le linge. - Porter à somme, c'est, ou plutôt c'était porter dans de grands paniers placés sur le dos d'un cheval, l'un d'un côté et l'autre du côté opposé. On voyageait quelquefois ainsi. Le père, la mère ou un domestique conduisait, à pied, à côté du cheval ou monté dessus, et les enfants étaient debout ou accroupis dans les paniers.
SONGEARD, adj. ; rêveur. - Il a l'air songeard .
SOURCIN, s. m. ; petite source.
SOURCINEUX, adj. ; rempli de sources.
SOUTEUR, s . f. ; émotion de saisissement, de surprise ; frémissement. - Ça m'a fait souteur.
STICHI, ou STICHITE, pron. ; celui-ci. - STILA, id.; celui-là.- « J'demande à stichitte, à stila .» (Coup d'oeil purin.)
SUPER, v. a. ; aspirer avec la bouche, boire en aspirant. - Super un oeuf.
SURELLE, s. f. ; oseille.
SUS, ou SAS, s. m. ; sureau.

T

TAICLER, TAIGLER, TAIQUER ou TOUTRE, v. n. ; tousser.
TANCHER, v. a. ; arrêter un écoulement de liquide, ou détourner momentanément un cours d'eau au moyen d'un barrage. -C'est demain que l'on doit tancher les rivières pour les curer .
TANVE, adj. ; mince.
TANVETTE, s . f. ; tranche de pain très-mince.
TAQUET, s. m. ; verrou.
TARABONDIN, TARABONDINE, s. m. et  f . ; une personne grosse et trapue.
TAROUFFE ou TAROUFLE, s. f. ; rapprochement des sourcils au point qu'ils semblent se confondrent. - Il a la tarouffe.
TARTIVELLE ou TERTIVELLE, s. f. ; crécelle.
TAUPETTE, s. f. ; courtillière ou taupe-grillon.
TERTOUS ou TRETOUS, adj. plur. ; tous. - Dans le moyen âge : très-tous.
TÊTARD, s. m. ; arbre arrêté dans sa croissance à une faible hauteur et que l'on ébranche complètement de temps en temps.
TEUNE, s. f. ; coup à la tête.
TEURQUE ou TORQUE, s. f. ; lien de paille ou de foin.
TEURQUER ou TORQUER, v. a. ; tordre.
THÉRÈSE, s. f. ; fourreau noir en soie ou en laine, dont les villageoises en deuil recouvrent leur coiffure.
TIERRE, s. m.; petit pieu qu'on fixe en terre et auquel tient une corde, pour y attacher une vache et limiter son parcours.
TILLETTE, s. f.; morceau de porc mélangé de gras et de maigre.
TINT, s. m. ; son de la cloche.
TINTENELLE, s. f. ; petite cloche à main que fait sonner celui qui marche en tête d'une procession rurale. TORGNOLLE, s. f. ; sorte de panaris. - On l'emploie également dans le sens de soufflet.
TOUCHE, s: f. ; mèche de fouet.
TOUPIE, s. f. ; femme de mauvaise vie.
TOUPILLON, s. f.; diminutif de toupie.
TOURTE DE PAIN, s. f. ; pain de 6 ou 9 kilogrammes. TOURTE, s. f. ; pâte faite avec les résidus de la graine des plantes oléagineuses. On l'emploie pour engraisser l'espèce bovine.
TOUSER, v. a. ; tondre.
TRACHER, v. a. ; chercher. -« Pendant le tempe qu'ils trâchaient leur logis... » (Archiv. de Pont-Aud. , XVe sc.) TRALÉE ou TRALINÉE, s. f. ; multiplicité, grand nombre. - Il a une tralée, une tralinée d'enfants.
TRALLE, s. f. ; jambes. - Rangez vos tralles pour que je puisse passer.
TRAS, s. m. ; tracanoir, treuil pour mettre le fil en écheveau.
TRAUILLER, v. a. ; dévider, mettre en écheveau ou en peloton . - Par allusion au bruit continu qui résulte de l'action de trauiller, on dit également trauiller, pour babiller, bavarder.
TRAUILLETTE, s. f. ; petit instrument armé d'une broche de fer sur laquelle on place le fuseau chargé de fil, pour l'enrouler sur le tras.
TRÉFLERIE, s. f. ; terre qui a été chargée en trèfle.
TRELOTER, v. n. ; s'agiter beaucoup pour faire peu de besogne.
TREUE ou TRUE, s. f. ; truie, femelle du porc. TRIMBOUELLE, s. f. ; cabriole. - Il a fait la trimbouelle.
TROUILLE, s. f. ; grosse femme mal tournée.
TRUC, s. m. ; chique, subtilité, finesse. - On emploie le plus souvent ce mot avec le verbe avoir : il a le truc.
TRUTÉ, adj. ; caillé. - Lait truté. On dit plus souvent encore : lait sûr.
TUER (se), v. pron. ; se ternir, prendre une couleur brunâtre. - C'est un cidre qui se tue, c'est-à-dire qui, aussitôt tiré, perd sa couleur dorée et noircit.
TUET, s. m. ; tuyau long et étroit pour soutirer les liquides.
TUMBE ou TOMBE, s. f. ; chute.
TURNE, s. f. ; sale bicoque.
TUTER, v. n. ; boire en tirant le liquide avec les lèvres et la langue, comme les chevaux, les vaches.

V
   
VAROU, s. m. - Nous croyons que c'est la même chose que loup-garou. - D'une personne souillée par la boue, on dit : elle est crottée, elle est faite comme un varou ; - C'est un varou.
VAROUILLER (se), v. pron. ; se crotter, se couvrir de boue.
VAULE, s. f. ; gaule.
VAULER, v. a. ; gauler.
VENDUE, s. f. ; vente de meubles à l'encan.
VERGÉE, s. f. ; le quart de l'acre.
VERMÉE, s. f. ; appât de vers enfilés dans leur longueur et repliés sur eux-mêmes, pour prendre les anguilles à la ligne. - Pêcher à la vermée.
VERSIÈRE, s. f. ; le bout d'une pièce de terre sur lequel on tourne la charrue.
VÉSON, s. m. ; mouvement, agitation. - Voilà bien du véson pour peu de chose.
VESON ou VESÉE, s. f. ; force, du latin vis. - Veson signifie ainsi femme de mauvaise vie.
VEULE, adj. ; léger. - C'est une terre veule.
VIAGE, s. m. ; contraction de voyage, est synonyme de fois. - Je vous le dis pour le dernier viage.
VIEUX, s. m. ; gué.
VILLOTTE, s. f.; petits tas de foin ou de blé.
VIONDIR, v. n ., qui exprime le bruissement ou ronflement de la toupie. 
VIPILLON, s. m. ; goupillon.
VIQUELIN OU VITELIN, s. m.; bois de branches non fendu destiné au chauffage.
VLIN, altération du substantif venin ; ordure, saleté. - Ne touche pas à cela, c'est du vlin ; - il a du vlin dans l'oeil. - Ce mot signifie mauvais sujet, au figuré; c'est un vlin.
VOIN, s. m. ; regain ou seconde coupe d'herbe.
VORET, s. m.; terre laissée sans ensemencement.
VULIER, adj. ; visible, qui saute aux yeux.



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