Extraits du Bulletin de la Société d'Horticulture et de Botanique du Centre de la Normandie, n°3- 1880.
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EXTRAITS
du

BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE
DU
CENTRE DE LA NORMANDIE

N°3 - 1880

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Culture du Pommier et Fabrication du Cidre

AMENDEMENTS SPÉCIAUX
[suite]

Les engrais liquides ayant fermenté, auxquels on ajoute du sulfate de fer, un peu de sel et une quantité d'eau proportionnée au temps plus ou moins pluvieux qui a régné et à l'humidité de la terre, sont surtout très-propres à faire croître et fructifier les arbres fruitiers : on conçoit que, par un beau temps, le jus de fumier est plus fort que quand il pleut. Il faut choisir, pour les répandre, un temps humide ou pluvieux, pendant l'hiver, dans le décours de la lune ; car, comme tous les engrais chauds, ils font dessécher les plants lorsque le soleil vient les frapper de ses rayons brûlants. Ils sont encore nécessaires aux pommiers et aux autres arbres plantés dans des terrains secs ou chargés de boutons, fleurs ou fruits, pour subvenir aux besoins de sève que les arbres doivent avoir dans cet état de production, pour éviter la chûte des fleurs ou des fruits et pour faire périr les mans ou vers blancs qui nuisent tant aux jeunes racines.

C'est un fait reconnu qu'un arbre ne peut puiser qn'à l'état liquide et par l'extrémité de ses racines, la nourriture dont il a besoin, soit pour assurer le développement de la végétation, soit pour opérer la maturation des fruits. Les engrais liquides sont surtout nécessaires aux mois de décembre et de janvier pour la production des fleurs, et au mois de juin, époque où le fruit étant formé il commence à se nouer, pour la production des fruits, comme cela se pratique en Allemagne. Ces engrais servent encore en ce dernier cas pour la végétation au printemps suivant.

A défaut de fumier on peut le remplacer par une dissolution de bouses de vaches. Plusieurs arrosements à l'entour des arbres fruitiers avec de l'eau à laquelle on aura ajouté 5 grammes de sulfate de fer et autant de sel commun par litre pourraient remplacer en partie ceux faits avec des engrais liquides.

Il est facile de fabriquer des engrais liquides à bon marché : le guano, la colombine et les matières fécales, dissous ensemble ou séparément dans environ trente fois leur volume d'eau, les urines étendues d'eau de quatre fois leur contenance avec 200 grammes de sulfate de fer par hectolitre, remplacent avantageusement les autres engrais liquides. Voici un engrais très-vanté :

Prenez 500 grammes de colle-forte qu'on fait bouillir dans 40 litres d'eau pour la délayer complétement, puis ajoutez-y 40 litres d'eau froide. Une dizaine de litres suffisent, dit-on, pour régénérer un arbre languissant. Avant de les répandre vers l'extrémité des racines, il faut y remuer la terre.

On obtient de bons résultats en traçant autour des pommiers ou poiriers un peu au-delà de l'extrémité des branches une large rigole profonde de 5 à 40 centimètres, dans laquelle on verse modérément, pendant l'hiver, des engrais liquides, de la tannée réduite en terreau, des cendres de bois, de la chaux éteinte et les composts dont nous avons parlé, car les arbres prennent, il ne faut pas l'oublier, leur nourriture par les spongioles qui se trouvent à l'extrémité de leurs racines. On remplit ensuite cette rigole avec de la terre qui en provient, mais mieux avec de la terre qu'on y apporte, après avoir éparpillé la première. En automne, il faut couvrir le sol sous les pommiers avec du fumier de vache ou de porc, comme nous l'avons dit plus haut.

L'emploi des engrais liquides est à conseiller pour la fructification des arbres, particulièrement dans les terrains secs ou sablonneux. Les urines et bouses de vaches, allongées d'eau, les fumiers de porcs et les tourteaux de colzas sont les meilleurs à donner aux arbres fruitiers, surtout s'ils ont été précédés des amendements indiqués ci-dessus.

BRASSART,
de Fléchin (Pas-de-Calais).

[A SUIVRE]


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