Les bibliothèques populaires,

par Arcisse de CAUMONT


Texte établi sur un exemplaire (BmLx : br norm 850) de l'Annuaire des cinq départements de l'ancienne Normandie, année 1866 (p.513-514), publié par l'Association normande à Caen.
Numérisation et relecture par M. Bougard (25.04.03)



On ne peut contester à l'Association normande le mérite d'avoir dès l'année 1834, c'est-à-dire il y a plus de trente ans, demandé l'établissement de bibliothèques populaires dans les chefs-lieux de canton et même dans les communes rurales populeuses. Plus tard, M. Julien, de Paris, entretint le Congrès scientifique d'un projet analogue pour la France entière. Depuis ce temps déjà éloigné, l'Association a donné des livres à divers chefs-lieux de canton pour établir ainsi un noyau de bibliothèque, mais l'Autorité restait assez indifférente pour ces tentatives que certains maires proclamaient tout-à-fait inutiles, attendu que personne, disaient-ils, n'avait le temps de lire.

Cependant l'idée a fait son chemin avec le temps, et, après trente années de fermentation, elle a produit les bibliothèques scolaires et les recommandations de M. le Ministre pour l'établissement d'armoires destinées à contenir les livres dans les écoles communales. C'est un résultat qui n'en est pas moins bon, quoiqu'il se soit fait longtemps attendre.

Mais il ne suffit pas d'avoir des livres dans une armoire, il faut que ces livres soient utiles, qu'ils soient lus, et pour cela, prêtés à domicile à d'autres personnes qu'aux enfants qui suivent l'école primaire. Il faudrait qu'on fît partout ce qui se pratique dans le Haut-Rhin ; pour cela il faut des hommes dévoués que le corps enseignant (les instituteurs primaires) fournirait très-certainement, si l'impulsion de l'autorité venait en aide à l'Association normande. Beaucoup d'instituteurs, en effet, attendent l'ordre de leurs chefs, et nous répondent qu'ils feront ce que nous leur demandons, dès que cet ordre sera venu de l'inspecteur. Nous demandons donc que des instructions soient adressées à MM. les inspecteurs des écoles primaires pour qu'ils donnent l'impulsion que nous réclamons dans les communes importantes où les livres peuvent être lus. Nous désirons aussi des lectures publiques faites le dimanche ou autres jours déterminés, suivant les localités, dans certaines communes, et nous nous référons pour ces lectures à ce que nous avons dit précédemment au Congrès des délégués de la rue Bonaparte.

A. DE CAUMONT.

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