LE SECRET DANS LES TROIS MOUSQUETAIRES


Exposé de Mlle Christine Dran


Retournons du côté d'Alexandre Dumas et du roman. Les Trois Mousquetaires. Et c'est dans le cadre du roman que vous avez lu que je vais étudier le thème du secret. J'essaierai de traiter un certain nombre d'aspects assez rapidement. Etant donné que lorsqu'on le lit, on a déjà cette impression que tous les personnages les plus retors sont certainement Richelieu et Milady. Je vais essayer d'exploiter ce que le roman construit autour du thème des secrets, du mystère. Au mot secret, si l'on suit le dictionnaire on trouve aussi bien le synonyme mystère, cachoterie, repli, profondeur et aussi clef, avoir le secret de quelque chose, c'est aussi la clef de quelque chose. Alors mon plan aura trois directions : essayer de voir d'abord que presque tous les personnages importants du roman, ont au moins un secret, donc chaque personnage a son secret. Etudier le rapport entre tous ces secrets et l'intrigue : tous les secrets constituent finalement, à construire une intrigue. Et enfin, je finirai avec cette idée qu'on a sans doute une esthétique du secret.

I - CHAQUE PERSONNAGE A SON SECRET

a - Chaque personnage a son secret dans le roman me semble t-il. Cela peut se voir sur le plan de l'identité des personnages. Leur identité est secrète, c'est-à-dire qu'on a un grand nombre de personnages qui se cachent derrière de faux noms : des pseudonymes. Prenons des exemples parmi les Mousquetaires, on a Athos qui porte un faux nom puisqu'en fait on apprendra à la fin qu'il s'appelle le comte de la Fère. On a Aramis qui porte aussi un faux nom, on a Porthos. Derrière Athos et Aramis par exemple, se cachent en fait des personnages aristocratiques. Ils ont des noms de roman, des noms qui n'en sont pas. Autre personnage qui se cache derrière un faux nom, c'est la duchesse de Chevreuse, cette femme habite Tours, qui est exilée et qui se cache dans le roman sous le pseudonyme de Marie Michon, lingère à Tours. Elle prend donc un nom complètement populaire pour cacher en fait l'une des grandes aristocrate du royaume. Autre façon de cacher son identité : se déguiser. Le déguisement est un des aspects du secret. Par exemple dans le roman, à un moment, on apprend que le Duc de Burckingham est allé voir la reine, qu'il lui a rendu visite en secret au Louvre, en se déguisant en diseur de bonnes aventures italien, c'est-à-dire en prenant un costume d'italien populaire.

On notera aussi un autre déguisement : à un moment Aramis reçoit un message de la Duchesse de Chevreuse et le messager lui transmet l'argent, c'est de l'argent pour s'équiper parce qu'il doit partir à la guerre. Ce messager c'est un mendiant, or la lettre qui est jointe à la somme d'argent précise à Aramis que ce mendiant est comte d'Espagne, c'est-à-dire un noble d'Espagne. On se déguise donc on change de nom, d'apparence. On crée une autre identité.

b - Autre point à noter : les personnages ne font pas coïncider l'apparence et la réalité qui sont à double fond. Ils ont une apparence et derrière cette apparence il y a autre chose. Athos en apparence est un simple soldat, c'est un Mousquetaire, il n'est pas gradé et n'a pas de fonction de commandement : c'est un simple soldat. En réalité, on apprend petit à petit dans le roman qu'il est le comte, quelqu'un qui aurait dû avoir le haut commandement militaire. Il se cache derrière une autre fonction sociale. On apprend qu'en réalité ce simple soldat est un noble mais qui a eu un passé assez complexe puisqu'il a épousé une femme qui n'était pas digne de lui, une femme déshonorée, marquée d'une fleur de lys sur l'épaule. C'est la marque du bourreau, qui a été appliquée sur une femme qui a été jugée et dégradée. On s'aperçoit donc que cet homme n'est pas du tout un simple soldat. Il a beaucoup de profondeur que l'on découvre au fil du roman et c'est un personnage mystérieux puisqu'on ne sait pas au départ qu'elle est sa naissance ni quel est son passé.

Aramis en apparence, prétend être un ancien séminariste, un homme qui a fait des études pour devenir prêtre et qui aurait abandonné provisoirement ses études religieuses pour entrer dans le corps des Mousquetaires. En réalité on s'aperçoit que sous cette image d'homme d'église et de séminariste se dissimule en fait l'amant de la Duchesse de Chevreuse.

C'est un personnage à double fond : apparemment ce qu'il fait est pour le service de la France, (ex : le siège de la Rochelle destiné à régler leur compte aux protestants et aux anglais). En réalité dans le roman, Dumas montre que s'il déclenche la guerre, c'est pour éliminer le Duc de Buckingham, un rival aimé de la reine (Richelieu lui n'est pas aimé de la Reine). On s'aperçoit qu'il y a un décalage entre l'apparence (la tactique politique) et la réalité : un règlement de compte personnel. Conséquences : les personnages romanesques acquièrent de la profondeur. Quand on crée un personnage de roman il faut qu'il ait un intérêt et à mon avis, c'est l'une des façons pour Dumas de créer de la profondeur et un effet de mystère, de donner à ses personnages une certaine psychologie. On n'a pas à faire un roman psychologique mais les personnages sont dotés, avec le mécanisme du double fond, d'une certaine profondeur, parce que tous les personnages portent un masque.

c - Analysons le thème de masque :

S'il y a un masque, le lecteur se dit qu'il y a quelque chose derrière ce masque. Par exemple Athos porter le masque de la sagesse. C'est le personnage le plus sage, le plus modéré (il porte le masque de l'insensibilité) : reste au romancier à montrer ensuite que derrière ce masque se cache autre chose. Pour Richelieu, je vais parler du masque de la bonhommie, pour Madame Bonacieux je trouve qu'elle porte le masque de l'innocence : derrière le masque de simple dame de service de la Reine, se cache en fait une négociatrice, quelqu'un qui est capable de faire aboutir des intrigues assez compliquées puisqu'elle se met au service de Buckingham. Elle a donc un rôle qu'elle ne devrait pas du tout avoir (un simple rôle de service).

Aramis a un masque de dévôt si l'on emploie le mot du XVIIème siècle. Il prend le masque d'homme uniquement intéressé par les questions de religion ; il cache un autre jeu.

Milady évidemment c'est le personnage où le masque est le plus complexe, puisqu'à longueur de roman, Dumas nous rappelle que c'est une actrice, qu'elle est capable de jouer; Le moment où la thématique du théâtre est la plus développée par Dumas, c'est lorsque Milady est capturée par son beau-frère et qu'elle fait tout pour s'en sortir et tromper ses gardiens. D'ailleurs son beau-frère dit aux gardiens : " Attention Milady va nous jouer le grand jeu, on va tout avoir, on va avoir la tragédie, on va avoir le drame, on va avoir toute la pièce se jouer en cinq actes. Et effectivement Milady va jouer un certain nombre de scènes : elle est capable de les prendre tous : le masque de la tragédie, le masque du désespoir, le masque de la fausse catholique persécutée, un certain nombre de jeux de masque qu'elle assume successivement ; et à la fin du roman, quand Milady trouve refuge au couvent de Béthume elle joue son dernier rôle avec Madame Bonacieux, le jeu de l'amitié, le jeu de la persécutée. Elle est capable de toutes les comédies, comédies au sens de théâtre. Presque tous les personnages, donc sont capables de mentir et de dissimuler. Et pourtant contrairement à ce qui peut se passer dans différents romans, dans différentes pièces de théâtre, la plupart du temps ce masque ou cet art du mensonge ne rend pas les personnages antipathiques. Il y a dans le roman un certain nombre de menteurs qui restent sympathiques bien qu'ils portent des masques, bien qu'ils mentent, qu'ils dissimulent.

Décalage assez grand aussi avec la maîtresse de Porthos : d'après Porthos, cette maîtresse est une Duchesse qui lui fournit de l'argent, et un certain nombre de choses. En réalité, le lecteur apprend que c'est une femme de bourgeois, une femme assez peu flattée, la femme d'un procureur particulièrement avare, donc cette Duchesse n'en est pas une.

En ce qui concerne d'Artagnan, on peut parler de Madame Bonacieux, au départ c'est la femme de son propriétaire et petit à petit elle va devenir la femme qu'il aime, et ils vont jouer double jeu avec Monsieur Bonnacieux.

Les deux personnages qui jouent peut être le plus sur l'apparence et la réalité c'est Milady évidemment puisqu'elle prétend être une femme noble, de noblesse anglaise, la femme de Lord de Winter, elle paraît être une femme particulièrement belle, particulièrement pure quand elle est en face des autres et en réalité, c'est un personnage à double fond : il apparaît que c'est une criminelle, une femme flétrie, une femme déshonorée et une femme capable de la plus grande cruauté, de la plus grande fureur et de la plus grande vengeance. On a donc un décalage entre ce qu'elle montre et ce qu'elle est.

Pour finir Richelieu : en apparence, il est au service du roi de France, en réalité il est capable de calcul, de haine, de fureur qu'il ne laisse jamais voir ou presque jamais.

Athos, Aramis, d'Artagnan, la Reine, Madame Bonacieux, tous ces personnages dissimulent, mentent mais restent sympathiques pour le lecteur. Il n'y a que deux personnages antipathiques, ce sont Milady et Richelieu . Ce n'est pas parce qu'ils mentent, puisque tout le monde ment dans ce roman, mais parce que leur masque, leurs mensonges cachent soit un crime soit une passion coupable. Celle par exemple de Richelieu qui n'a pas à aimer une femme , n'a pas à aimer la Reine.

II - EN QUOI TOUS CES SECRETS SERVENT-ILS A CONSTRUIRE L'INTRIGUE?

a - Premier point il me semble qu'un des thèmes constructifs de l'écriture est le thème du secret gardé. Garder les secrets fait partie de l'un des enjeux de l'intrigue parce que le secret qui a été confié n'a pas à être révélé ni dévoilé. Par exemple au début du roman d'Artagnan, qui vient juste de faire connaissance avec ses trois amis, essaie d'en savoir plus sur eux, de percer leur secret et très vite il se rend compte que la règle même, le code de l'honneur interdit qu'on perce le secret de l'autre si celui-ci n'a pas envie de le révéler. De plus, si un secret vous a été confié par quelqu'un, vous n'avez pas à le révéler à quelqu'un d'autre. Par exemple d'Artagnan finit par comprendre qui est Athos et quel a été son passé. Il va savoir qu'il a été marié à une femme déshonorée et flétrie et d'Artagnan ayant deviné ce secret, a commencé à en parler avec Athos, mais n'en parlera à personne d'autre, pas même aux deux autres mousquetaires. A un autre moment d'Artagnan est dépositaire du secret de la Reine puisque Madame Bonacieux cherche un messager pour aller en Angleterre récupérer les ferrets de diamants. Avant de partir en Angleterre, d'Artagnan voudrait bien en parler à quelqu'un, bien évidemment à Monsieur De Tréville. Or celui-ci refuse d'entendre parler de cette histoire. Sic'est un secret il n'a pas à le connaitre. Tréville interdit à d'Artagnan de parler sauf si la Reine l'a autorisé à le faire ; mais comme il n'en n'est rien, d'Artagnan est obligé de garder son secret.

b - Le roman a donc bien une intrigue, un début, un milieu et une fin. L'intrigue s'organise pour le lecteur vers le dévoilement des secrets. Il faut que le lecteur apprenne quelque chose. On ne peut pas laisser le lecteur face à des secrets qui ne seraient jamais dévoilés. Tout le roman s'oriente vers le dévoilement d'un certain nombre de secrets. Du point de vue des personnages il y en un qui aimerait bien en savoir plus, c'est Richelieu. C'est celui qui essaie toujours de percer le secret des autres, ce qui développe toute la thématique de l'espion dans le roman. Les espions sont les hommes du Cardinal. Les deux principaux espions du roman sont Rochefort et Milady. Monsieur Bonacieux est aussi un homme du Cardinal, mais c'est une caricature. Richelieu veut percer les secrets de la Reine et de Buckingham. Pour percer les secrets de la Reine il infiltre ses espions dans le Louvre et place un certain nombre de femmes autour de la Reine pour rapporter tous ses faits et gestes. Le Roi est un des pions du jeu du Cardinal puisqu'il le pousse à piéger la Reine. Il y a cet épisode où le Roi essaie de prendre la Reine en flagrant délit au moment où elle écrit une lettre destinée à Buckingham et envoie le chancelier Seguier pour fouiller la Reine et récupérer la lettre.

L'un des ressorts principaux de l'intrigue, c'est pour Richelieu et pour le roi de percer les secrets de la Reine. Milady voit ses secrets découverts. Progressivement les autres personnages découvrent des détails, les secrets de Milady, cela se passe en plusieurs étapes par exemple :
- la découverte par d'Artagnan que cette femme porte la marque sur son épaule de la fleur de Lyse. Elle est donc passée entre les mains du bourreau.

Au départ, elle est complètement secrète et les secrets sont découverts peu à peu. On a l'impression que tout le roman s'oriente vers le chapitre. Tous les secrets, tous les crimes de Milady sont découverts et les différentes personnes qui sont là (les trois mousquetaires, le frère de Lord de Winter, le bourreau de Lilles et d'Artagnan) vont tous révéler les secrets de Milady. L'enjeu du roman est de savoir qui est Milady. Les quatre mousquetaires n'en savaient rien. Ils le savent à la fin. On a une sorte de course contre la montre dans le roman entre Milady et les autres personnages. Tout le roman vit sur le rythme de l'urgence.

III - L'ESTHETIQUE DU SECRET

a - Mon dernier point sera de montrer qu'il y a une esthétique du secret dans " Les Trois Mousquetaires ", que le secret fait partie de l'écriture même du roman, fait partie de son fonctionnement, de son écriture.

Du point de vue de l'écriture un premier point : il faut rappeler que tous les secrets servent à construire toute l'intrigue. On a donc un roman qui enchaîne les révélations les unes après les autres, ce qui donne un rythme assez rapide ou les épisodes seront assez courts. Or justement cela s'acorde au rythme de publication que Dumas avait d'abord adopté. Le roman est d'abord paru sous forme de feuilleton. Chaque jour fournit un nouvel épisode. L'écriture en feuilleton est une écriture morcelée ou il faut tenir le lecteur en haleine pour qu'il achète le journal le lendemain et qu'il soit curieux de lire l'épisode suivant. Le fait d'écrire un feuilleton oblige le romancier à utiliser l'écriture du suspens, du mystère et donc du secret. Il faut qu'à la fin de chaque chapitre le lecteur se demande ce qui va arriver dans le chapitre suivant. Le secret est le ressort même de l'écriture de Dumas. Il faut tenir en haleine le lecteur par rapport à tous les enjeux de l'intrigue, les secrets sont plus ou moins partiellement dévoilés ou en cours de dévoilement. Chaque épisode participe à ce rythme, de cette course contre la montre dont j'ai parlé tout à l'heure.

b - Deuxième aspect de cette esthétique du secret, le fait que cela donne au roman des " Trois Mousquetaires ", écrit au 19ème siècle une apparence, une esthétique 17ème siècle. L'histoire se passe au 17ème siècle et j'ai l'impression que Dumas cherche à mettre une sorte de couleur dans son roman pour mieux le faire ressembler un peu à un roman du 17ème siècle. Citons plusieurs exemples :
- ayant pris comme thème pricnipal le thème du secret dans son roman, le thème de l'apparence, le thème du masque, il se rattache automatiquement à une thématique qui était chère aux écrivains du 17ème siècle puisque la critique moderne a montré que le 17ème siècle était une époque qu'on a pu qualifier de baroque c'est-à-dire qui était très sensible à tout ce thème de masque. Dans le roman, il y a des personnages fuyants, des personnages changeants, qui changent de forme comme Aramis ou Milady. Milady surtout porte des masques, et derrière ces masques il y a encore d'autres masques, c'est vraiment Milady, un personnage protéiforme au sens mythologique (Protée est le Dieu qui change toujours de formes). De plus Dumas a lu des textes du 17ème siècle pour écrire " Les Trois Mousquetaires ", il est complètement imprégné de ce que l'on appelle les moralistes, tous les auteurs qui ont écrit leurs mémoires au 17ème siècle, il écrit un roman historique, c'est donc normal, mais j'ai l'impression qu'en utilisant le thème du secret à si grande échelle, il récupère quelque chose qu'il a lu chez ces mémorialistes qui racontent les secrets de leurs vies agitées, les imbroglios sentimentaux et politiques dans lesquels ils ont évolué.

Mademoiselle de Montpensier, la cousine de Louis XIV a largement fait émerger ce thème en racontant sa propre vie, quelqu'un comme Saint Simon qui racontera toute l'histoire de la cour de Louis XIV en fera l'un des ressorts de la vie de la cour, le Cardinal de Retz développe mille intrigues secrètes.

J'ai l'impression que Dumas ayant aimé tous ces mémorialistes récupère ce thème directement pour son propre roman.

Autre aspect 17ème siècle, c'est que le thème de secret est présent aussi chez ceux qu'on appelle les moralistes du 17ème siècle, les moralistes classiques c'est-à-dire tous les écrivains qui se sont attachés à essayer de comprendre ce qu'est l'homme, comment il vit, comment il est fait. Dumas les a lus, et je pense qu'il y a retrouvé le thème de la profondeur, le fait que l'homme n'est pas simple, qu'il est complexe, qu'il dissimule beaucoup de choses (voir en particulier chez un moraliste qui s'appelle La Rochefoucauld qui a développé ce thème dans les maximes et aussi dans des réflexions diverses ou il fait le portrait d'un certain nombre de personnages de son temps). Je pense que Dumas ayant lu tous ces textes du 17ème siècle, a récupéré finalement toute une atmosphère au 17ème siècle, transforme en esthétique romanesque ce qui était chez les moralistes et les mémorialistes un thème moral.

Donc je conclurai en disant que l'intrigue dans " Les Trois Mousquetaires " l'écriture et finalement tout le climat qu'il arrive à créer dans ce roman, repose sur le thème du secret. L'intrigue parce qu'il y a des personnages à secrets et des secrets à percer ou à préserver, l'écriture puisqu'il faut que les secrets soient tous dévoilés et que Dumas écrit en feuilletons, le climat parce que l'auteur imprègne son texte de tout ce qu'il a lu. C'est ce qui permet de comprendre la réussite de ce roman historique. Un bon roman historique n'est pas seulement un roman dont l'intrigue se situe dans le passé ; ici le 17ème siècle n'est pas de fournir une esthétique à son roman, une esthétique proche de la sensibilité du 17ème siècle. C'est dans cette cohérence des caractères, de l'intrigue, de l'écriture et de l'esthétique que je vois la très grande réussite de ce roman.


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