LA NOURRITURE


GENEAU Fabienne, LEPY Isabelle


1. CHEZ LES MINEURS :

L'ordinaire :
La nourriture que peuvent acheter les mineurs est assez restreinte, même si parfois les hommes s'offrent de petits plaisirs au cabaret qui est tenu par Rasseneur (un ancien mineur). Les mineurs y boivent souvent de la bière, mais aussi de l'eau de vie de grain.
Pour connaître la nourriture des mineurs, nous prendrons les MAHEU en exemple.
Leur petit déjeuner ne comprend que du café. C'est aussi le moment de la préparation du "briquet". Le "briquet" est un déjeuner qui se déroule au fond de la mine à dix heures. Le "briquet" c'est du pain avec, des aliments différents suivant les membres de la famille.
Par exemple : Le père aura un briquet plus copieux que ses enfants, car son travail est plus dur.

Cependant, les aliments qu'ils mangent le plus souvent sont : du gros pain, de l'eau, du sel, du sucre, du beurre et quelques légumes pour la soupe ( pommes de terre, poireaux ) et de temps en temps du vermicelle. Nous pouvons constater qu'ils ne mangent jamais de viande et que le poisson ne peut être présent que lorsque quelqu'un le pêche.

L'extra :
Ils ont aussi des jours que l'on peut appeler jours de fête, comme les dimanches et les jours où ils ont un peu plus d'argent que précédemment. Dans ces conditions leurs ingrédients sont les mêmes, plus : de la ratatouille, du fromage de cochon surtout réservé pour le père ( ceci leur sert de viande ), de la chicorée, du lapin aux pommes de terre, de la soupe grasse de boeuf, du ragoût ou du pot au feu.
Ces menus exceptionnels existent grâce à l'argent qui est souvent emprunté au commerçant où ils achètent leur nourriture, c'est-à-dire chez Maigrat. Mais pour avoir un peu plus de légumes, ils les cultivent eux-mêmes. Leurs plantations contiennent : des poireaux, de l'oseille, des pommes de terre, des haricots, des pois, du choux, de la laitue, des artichauts.
Ils peuvent aussi trouver du pissenlit près du Voreux.
Si les mineurs cultivent autant de légumes, c'est aussi un peu à cause de Maigrat, car parfois, il refuse de leur donner à manger parce qu'ils n'ont pas d'argent, si bien qu'il y a des jours où ils ne mangent rien.

Lors d'une visite de la Maheude chez la Pierronne, celle-ci avait des biscuits et des bonbons. Preuve que la Pierronne fait partie des familles des mineurs les plus riches.

Lorsque la grève éclata, la misère et la faim étaient réellement présentes. Les mineurs criaient : "du pain! du pain! du pain!". Leurs soupes étaient tellement claires, qu'on aurait dit de l'eau. Ils étaient donc obligés de ne manger que de la salade. D'après Zola, "ils broutent comme des bêtes".
Pendant cette grève, une vieille femme, presque aveugle, étalait de la nourriture pour la vendre. Son petit marché contenait :

Lorsque l'on voit un étalage aussi malheureux, je crois que l'on peut se dire que la misère de ces mineurs devait être énorme. Car plus le temps passait et plus les mineurs avaient du mal pour trouver de la salade, d'où le problème permanent pour manger. Même si chez la Pierronne le sucre d'orge était encore présent, elle demeurait tout de même prise dans cette grève.
Même pendant la grève, l'odeur d'oignons frit était présente dans la maison. Cette odeur s'était incrustée dans les murs et annonçait le coron de loin.

2. CHEZ LES BOURGEOIS :

Chez les bourgeois, la nourriture est très variée. Ils ont la possibilité d'acheter des aliments indispensables à leur organisme et de posséder de grands champs de culture. Car ils en possèdent une trentaine d' hectares, composés surtout de vergers et de potagers.
Dans le roman d' Emile ZOLA, Germinal, trois familles de bourgeois sont citées :

Les Grégoire ont, au petit-déjeuner, de la brioche chaude, faite maison, préparée la veille par les cuisinières et du chocolat chaud.
Le jour de la grève à Jean-Bart , Deneulin est appelé à résoudre ce problème qui se produit dans sa mine. Pour supporter le froid du matin et de l'hiver et la faim, ses filles lui demandent de boire un petit verre de rhum et de manger quelques biscuits.
Les bourgeois ont assez d'argent pour pouvoir se payer toutes les friandises dont ils rêvent. Ils mangent du poisson, de la viande, des légumes, des fruits et dégustent de grands vins, tout cela à volonté. Par ailleurs, ils s'invitent beaucoup les uns chez les autres, contrairement aux mineurs. Donc, ils ont aussi un espace social privilégié de communication par rapport à eux.
Voici un repas organisé par les Hennebeau pour les fiançailles de Paul Négrel (leur neveu) et de Cécile Grégoire: Le hors d'oeuvre était composé de tranches de saucisson. Normalement cela devait être des huîtres mais la cuisinière n'a pas voulu aller en chercher à cause de la grève des mineurs (elle avait peur). La suite du repas comprenait:


Sans oublier le pain, et le vin (Chambertin et vin du Rhin). Pas de champagne, car il était jugé trop commun pour eux. A la fin du repas, les convives ont bu du café et de la liqueur.
Pendant le repas, les bourgeois ont beaucoup parlé de la grève des mineurs, qui se plaignent de ne pas avoir assez d'argent pour manger du pain. Madame Hennebeau se moque des mineurs qui sont en grève, car, pour elle, ils sont aussi riches qu'eux, parce qu'ils leur offrent généreusement un logement et du charbon pour qu'ils puissent se chauffer.

3. CONTRASTE ENTRE LA FETE DES MINEURS ET CELLE DES BOURGEOIS :

La fête pour les mineurs est un jour que l'on ne peut manquer. C'est la "Ducasse" et c'est une fête populaire qui ne se produit qu'une fois dans l'année. Ce jour-là, tout le coron est en fête. On peut trouver des tas de bibelots, des jeux mais on peut aussi manger des biscuits, des dragées, de la brioche et des gâteaux bénis par le curé. On boit de la bière et du genièvre, on fume et on danse.
Lorsque les mineurs rentrent chez eux en famille, ils mangent un inoubliable repas, qui est constitué d'un succulent lapin gras et tendre qui a été élevé pour ce jour unique dans l'année.
Cette fête est tout à fait différente des repas organisés par les bourgeois. Chez eux, les repas de fête, sont des repas qu'ils ont l'habitude de faire plusieurs fois dans l'année ; ainsi les fiançailles de Paul Négrel avec Cécile Grégoire. Ce sont toujours avec des repas de la viande, du poisson et des friandises.
L'activité de manger pour les mineurs est représentée comme silencieuse, précipitée et continue. Zola a écrit : ".....Estelle dont les dents commençaient à pousser, jusqu'au vieux Bonnemort en train de perdre les siennes, travaillaient d'un tel coeur que les os eux-mêmes disparaissaient. C'est bon la viande.....".
Pour les bourgeois, la nourriture est l'objet d'un savoir-faire complexe, car le repas est une préoccupation indispensable. Pour les bourgeois, l'activité de manger est discontinue et apparaît comme une pratique culturelle.

La Ducasse des mineurs est plus impressionnante que les repas des bourgeois, même si la nourriture est plus abondante d'un côté que de l'autre. Lors de cette fête, on met de côté les problèmes de la mine, on s'amuse, alors que chez les bourgeois, on se préoccupe beaucoup de l'argent qui va être perdu par la grève.
C'est ce qui différencie les mineurs des bourgeois.

MANGER :

  • Pour les uns, c'est l'angoisse quotidienne et permanente.
  • Pour les autres, un plaisir social et culturel.
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