LA VIE DE ZOLA


Stéphanie Gourdeauet Caroline Enjolras
Saisie informatique par : Magali Coieffey et Stéphanie Ernoult


Emile Zola était et reste toujours l'un des écrivains les plus célèbres en France. Mis à part ses talents d'artiste, Emile Zola fait preuve, tout au long de sa vie de franchise (il défie toute une société en s'adressant par l'intermédiaire de la presse écrite, au Président de la République Française pour se révolter contre la justice : "affaire Dreyfus")

Zola : de l'enfance...

Le 2 avril 1840, François Zola, d'origine vénitienne, marié en 1839 àFrançoise Aubert, née en Ile-de-France, écrit sur son agenda : "à onze heures est né le petit Emile-Edouard-Charles-Antoine, notre fils."
En 1843 , Emile Zola et sa famille quittent Paris pour Aix-en -Provence où François son père, a signé un contrat, mais il meurt quatre ans plus tard laissant sa femme et son fils sans argent. A douze ans, Emile, boursier, quitte la pension Notre-Dame pour l'austère collège Bourbon, aujourd'hui, lycée Mignet. Il a peu de choses pour lui : il est en retard (en septième à douze ans), il est pauvre et il a, à la fois, un très fort accent et un défaut de prononciation. Dire "Tautillon" pour "saucisson",au temps des cruautés enfantines, ça ne pardonne pas.

A l'adolescence...

Un de ses camarades est Paul Cézanne : deux génies en herbe dont l'un va révolutionner la peinture et l'autre la littérature. L'élève en retard, d'ailleurs, devient excellent. Paul et lui se passionnent pour Hernani et Ruy Blas et aussi pour Musset. A dix-huit ans, il "monte" à Paris avec sa mère et s'inscrit au lycée St Louis. Mais cet exil l'accable : il échoue au baccalauréat. Il semble donc se condamner à la "vie de bureau, cet égout, cet abîme". Il devient employé des douanes mais ne peut supporter ce travail : un matin, il déserte.
Commence alors une vie de misère, de logis en taudis. Comme un écureuil en cage, il passe de la rue Monsieur-le-prince à la rue Saint-Jacques, de la rue Saint-Victor à la rue Soufflot...Il piège les moineaux pour les faire rôtir et, pour se chauffer, s'enveloppe dans des couvertures : c'est ce qu'il appelle "faire l'arabe".
C'est l'angoisse, une angoisse qu'il retrouvera quelquefois dans sa vie. C'est la peur, mais aussi la volonté de lutter :
"A certaines grosses douleurs, les souterrains brusquement se muraient, les parois se resserraient, je restais haletant, pris de la rage de vouloir passer outre, et j'entrais dans l'obstacle, je travaillais des pieds, des poings, du crâne, en désespérant de pouvoir jamais traverser cet éboulement."

L'écrivain

En 1862, il obtient sa naturalisation et entre chez Hachette comme manutentionnaire. Il écrit des poèmes. L'un d'eux est publié dans Le Travail dont le rédacteur en chef est Georges Clémenceau.
Chez Hachette, il grimpe vite les échelons et, devenu responsable de la publicité, entre en contact avec les grands écrivains de la maison : Taine, Renon, Littré, Sainte Beuve...Il jette sur les moeurs littéraires un jugement sévère. Il écrit à un ami d'Aix , tenté par la littérature : "Si vous saviez combien peu de talents ont de la réussite, vous laisseriez là plume et papier, et vous vous mettriez à étudier les mille petites canailleries qui ouvrent les portes, l'art d'user du crédit des autres, la cruauté nécessaire pour passer sur le ventre des confrères".
Pourtant, en 1864, il présente chez Hetzel ses "contes à Ninon" et déclare avec aplomb : "Monsieur, trois éditeurs ont refusé ce manuscrit. Pourtant j'ai du talent." Le talent se voit davantage dans la "confession de Claude", qui l'oriente dans la voie qui sera désormais la sienne.
Il démissionne de chez Hachette pour entrer à "l'Evènement" de Hippolyte de Villemessont. Il innove en lançant une "chronique bibliographique"dont l'objectif avoué est d'attirer les annonces publicitaires des éditeurs dont on parle. Zola apprend le métier. Il propose à Villemessont de tenir une chronique de critique picturale.
Après avoir dit ce qu'il avait à dire, il écrit des "adieux à un critique d'art" en expliquant que seul, pour lui, compte le "tempérament" et que s'il a défendu Monnet, c'est surtout parce qu'il était attaqué par la "foule". Plus à l'aise dans le domaine littéraire, il revient au roman avec "les mystères de Marseille" inspiré d'Eugène Sue, et surtout en 1867 son premier vrai roman, l'un des meilleurs "Thérèse Raquin".
A ceux qui déjà lui reprochent d'avoir trop fait parler les corps dans ce livre, il répond que son but est d'étudier des "tempéraments" et non des "caractères".Ce sera la motivation de sa vie.

L'homme privé.

Il a trente ans. Il épouse le 31 mai 1870, Gabrielle Meley, avec qui il vit depuis six ans. Elle restera pour lui une compagne fidèle et dévouée. Parmi ses témoins Cézanne et Paul Alexis , qui restera son admirateur passionné. A quarante huit ans, Zola tombe éperdument amoureux de sa lingère, Jeanne Rozerod, délicieuse jeune femme de vingt ans qui va le faire rajeunir.
Il s'installe, fin 1888, rue Saint Lazarre. Le 20 septembre 1889, Jeanne, sa Lingère, accouche discrètement d'une fille : Denise. Zola est fou de joie. Sa femme qui a découvert le pot aux roses, essaie de rester digne. Elle a du mal. Pour s'occuper, elle déménage avec son mari rue de Bruxelles, dans un petit hôtel qu'elle décore avec un goût de bourgeoise blessée, désireuse de gagner en prestige ce qu'elle a perdu en conjugalisme. Au cours d'un voyage consolateur qu'il a fait avec sa femme, il apprend par "le Figaro" la naissance de son fils Jacques. Après avoir explosé lorsqu'elle appris l'existence des deux enfants de Zola, Gabrielle aura avec eux de très bonnes relations.Zola trouve, à ce moment là, un équilibre physique et psychologique qui le débarasse de ce qui pouvait rester en lui d'angoisse et d'insatisfaction.


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