LEPIC, Vicomte Ludovic Napoléon (1839-1890) : Les Armes et les outils préhistoriques reconstitués : texte et gravures.- Paris : C. Reinwald et Cie, 1872.- 58 p.– [24] f. de pl. ; 35 cm.

PLANCHE XIV. : HACHES ET POIGNARDS DU DANEMARK.
Planche 14
 Figure A. Pointe de lance en silex poli, trouvée dans le dolmen entre les Solzes et Luc (Gard). Les lances s'emmanchaient de deux façons : soit à l'extrimité d'une tige que l'on fendait au haut, et qu'on serrait avec des liens pour y fixer l'arme, soit en appliquant la partie plate sur une hampe aplatie et serrée par des liens, ceux-ci pressant sur le silex même ; c'est ce qu'indique la figure B. Je ne crois pas que ces sortes de pointes aient jamais été pincées dans un bois fendu, parce que, serré de la sorte, le silex parfaitement maintenu, se serait brisé en rencontrant même une faible résistance.

  C. Un petit poignard en silex du Danemark ; se portait sans doute à la ceinture. Il en existe un autre modèle trois fois plus grand, et dont le manche est orné par une torsade ; ce dernier modèle se rapproche beaucoup de nos formes actuelles, et l'on en voit de très-remarquables au musée de Saint-Germain, dans la collection envoyée par le roi du Danemark. Il existe une autre forme de poignard ressemblant beaucoup aux grandes pointes de lance. Cette lame en silex s'introduisait dans un manche, soit de bois, soit de corne, et affectant toutes les formes les plus diverses, suivant le caprice du propriétaire ; nous voyons, du reste, de ces emmanchements analogues dans les poignards indiens.

 D. Pointe de lance en silex, dentelée sur les bords, s'emmanchant comme les précédentes, mais devant être une arme dont chaque blessure était mortelle.

 E. Scie du Danemark en silex. Ces outils sciaient toujours du côté droit, et s'emmanchaient dans un bois comme la figure F, qui en reproduit une, trouvée dans des palafittes de Suisse. Parfois la garniture était munie d'un manche, comme nos scies à mains. Fig. H.

Quand la hache ne devait pas être emmanchée, on s'en servait en la tenant comme la figure G ; le dos alors était aplati dans la partie ou le doigt devait appuyer.

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